lundi 11 avril 2011

Déclaration québécoise pour l'innovation sociale


Pour un système d'innovation sociale au Québec

Avec la Déclaration Québécoise pour l’innovation sociale, une communauté d’acteurs, formé par le Réseau québécois en innovation sociale (RQIS), presse le gouvernement et la société Québécoise à se donner les moyens pour répondre aux différents enjeux qui pèsent sur la société. Pour y arriver, explique le RQIS, on doit favoriser l’émergence et la pérennisation de projets d’innovation sociale.
« La pauvreté, les inégalités, l'isolement des immigrants ou la marginalisation des populations autochtones ou de certaines catégories de jeunes, l'analphabétisme comme le décrochage scolaire, la violence ou la maladie, la dévitalisation de communautés rurales sont autant de phénomènes qui pèsent lourd sur le développement de notre société », peut-on lire dans la déclaration issue du Colloque international du CRISES, tenu les 7 et 8 avril dernier.

Dans cette déclaration, le RQIS identifie 12 facteurs clés [2] à privilégier :
1.     Le déclencheur est la combinaison d'une problématique sociale non résolue, d'un contexte propice (crise, politique gouvernementale, etc.) à l'application d'une solution nouvelle et de la volonté d'acteurs d'œuvrer ensemble à la recherche d'une réponse à un problème bien défini.
2.     La solution est le fruit d'un travail collaboratif entre plusieurs acteurs de la société, souvent même des acteurs qui n'ont pas l'habitude de coopérer, car le problème à résoudre comporte de nombreuses dimensions.
3.     Le projet d'innovation combine les savoirs expérientiels, avec les savoirs scientifiques et techniques, et tient compte du contexte culturel particulier. La combinaison de ces savoirs variés conduit à la coproduction de nouvelles connaissances.
4.     Le projet a une visée transformatrice et vise un changement systémique.
5.     Les partenaires font preuve d'audace, ils acceptent l'incertitude inhérente à un projet d'innovation, la présence d'un « inconnu assumé ». Ils reconnaissent le risque et l'assument jusqu'au bout de la démarche.
6.     Un triple leadership est nécessaire à la réussite du projet : 1) le leadership individuel de ou des initiateurs du projet; 2) le leadership organisationnel qui se caractérise par l'appui des organisations impliquées à un processus novateur qui dépasse leurs pratiques habituelles; 3) le leadership collectif qui apparaît dans la communauté porteuse de la mise en œuvre du projet.
7.     L'engagement à long terme des bailleurs de fonds est un enjeu crucial.
8.     Le temps est une donnée fondamentale. Il faut du temps pour concevoir le projet, tisser des liens de confiance entre les partenaires et du temps pour le réaliser, puis encore du temps pour l'évaluer et assurer son rayonnement, sa diffusion, sa réplication, son appropriation par les communautés concernées afin d'assurer une transformation des pratiques.
9.     Le rayonnement du projet est essentiel à sa reconnaissance et, éventuellement, son institutionnalisation.
10.  Il faut savoir s'ajuster aux changements de contexte ou à l'évolution de l'environnement dans lequel agissent les partenaires.
11.           Le transfert, l'appropriation, la pérennisation du projet sont l'aboutissement nécessaire. Le projet doit avoir trouvé preneur auprès des personnes concernées et répondre aux besoins initialement identifiés.
12.           L'établissement d'un lien de confiance entre les acteurs, qui se traduit par l'adoption d'une gouvernance partagée, est le ciment du projet.

Pour en savoir plus :

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